La puissance du féminin

J'ai envie d'écrire sur ce livre de Camille Sfez avant même de l'avoir terminé. Il fait écho à des conversations que j'ai eu récemment avec des femmes. A une période de ma vie où j'ai envie de mieux me connaître. Il fait écho à une envie profonde et grandissante de me rapprocher des femmes, de travailler avec elles, de discuter avec elles, de mieux les connaître. Mais pas n'importe lesquelles : les femmes authentiques. Les femmes qui expriment leur vulnérabilité. Qui vont au fond d'elles-mêmes et qui en deviennent plus belles, plus vraies, plus puissantes.

J'ai vécu une expérience professionnelle qui m'a éloigné du féminin. Je travaillais dans un service communication, dans une société qui vivait une période très compliquée. C'était une grande période d'incertitude pour tout le monde. Je faisais partie d'une équipe de femmes. Uniquement des femmes. L'ambiance était morose. Chaque jour je sentais un peu plus le poids de la mesquinerie, de la jalousie, du jugement. Jusqu'à ce que je ne tienne plus. Je suis partie discrètement, sans me retourner. Sans dire au revoir à personne. Et depuis ce jour je me suis jurée de ne plus jamais travailler dans un environnement féminin. De fuir les groupes de femmes. Cela fait 10 ans que je ne travaille que dans des contextes informatiques peuplés d'hommes. Il m'arrive souvent d'être la seule femme dans des open space de centaines de personnes. J'y ai trouvé une paix. Un regard différent sur qui je suis et ce que je peux apporter.

Mais depuis quelques mois, et dans ma quête d'authenticité, de vérité, je croise des femmes différentes. Des femmes douces, compréhensives, au regard bienveillant. Des femmes qui ont blessé ou qui ont été blessées, qui reconnaissent ces blessures, qui se pardonnent, qui sont généreuses, créatives, belles. C'est comme si j'avais retrouvé une famille. Et plus je cherche pour moi-même cette authenticité, plus je rencontre des femmes passionnantes, avec qui j'ai envie de partager temps et conversations. 

Ce livre de Camille Sfez, ce sont des pages et des pages de découvertes de cette féminité qu'il y a en chacune de nous. C'est un outil pour regarder autrement ce qui fait de nous des femmes, et que nous cherchons tant à dissimuler dans une société patriarcale.

C'est plus de détail, d'explications sur ce que j'avais commencé à toucher du doigts lors de mes conversations avec Lyvia : la beauté de nos cycles de menstruations. Une clé de lecture de nos humeurs, de nos besoins profonds, un outil pour saisir nos moments propices à l'intuition, la création.
La femme n'est pas cyclique mais lunatique (le cycle de 28 jours de la lune correspond en gros au cycle de 28 jours des menstrues). Elle vit à chaque cycle 4 saisons qui ont chacune leurs vertues : l'hiver, période des lunes ou menstruations dans laquelle nous avons un besoin de repli sur nous-mêmes, de descendre dans les profondeurs de notre âme, de cocooner pour se ressourcer. Le printemps, période d'énergie, d'élan. C'est le moment où l'on a envie de faire mille projets, où l'on part un peu dans tous les sens. L'été, période de l'ovulation, période où notre corps se prépare à donner la vie. C'est une période d'amour pour ceux qui nous entourent, d'envie de rassemblement. Puis l'automne, la phase de repli sur soi qui commence alors que la fécondation de notre ovule n'a pas eu lieu. C'est le moment de faire le bilan de son cycle, de tout ce qui doit mourir, de tout ce que l'on a à nettoyer (des croyances, des relations...)
Etre à l'écoute de ces phases, les comprendre, les respecter c'est accéder à une puissance du féminin qui nous rend apaisée, plus agréables à nous-mêmes et aux autres, en pleine possession de nos talents et de notre capacité à les réaliser.

Cet ouvrage m'apporte aussi une forme de tristesse. La tristesse de découvrir qu'autrefois, les femmes se retrouvaient, s'écoutaient, s'accompagnaient dans les étapes de la vie en toute bienveillance. Les sociétés amérindiennes vivaient de nombreux rituels autour des femmes, de leurs cycles et de leur sagesse. Aujourd'hui, je vois beaucoup de femmes qui rejettent leur féminité et n'écoutent que leur énergie masculine (le yang), l'énergie de l'action, de l'occupation de l'espace, l'énergie tournée vers l'extérieur. 

Cet ouvrage regorge de biens d'autres enseignements que je suis pressée de mettre en pratique, de transmettre aussi.