Ce matin en me levant, j’ai pensé au plaisir que j’avais ressenti dans le passé. Le plaisir de prendre mon appareil photo démodé, de fermer un oeil et révéler la beauté naturelle des personnes que j’ai eu l’occasion de croiser. Comme pour allumer la lumière sur des visages ternes ou renfermés. Pour montrer la profondeur, la vulnérabilité que l’on met tant d’énergie à masquer.
Quel plaisir de rendre les gens beaux. Enfin beaux selon ma conception : lumineux, vulnérables, fragiles, honnêtes.
Et quel plaisir de leur faire ce cadeau. De se voir à travers le regard de quelqu’un qui les trouve beaux. Parce que à chaque fois c’est pareil : dès que je mets mon appareil devant mon œil droit, il n’y a plus que la personne en face de moi. Il n’y a plus qu’elle et sa splendeur. Qui éclate. Ses petits détails si charmants. Ses expressions rien qu’a elle. C’est une sorte de magie qui opère. Alors ce matin en me levant, je me suis dit que j’avais envie de retoucher à cette magie. J’ai regardé quelques photos déposées sur le web et je me suis dit que je les trouvais terriblement belles. Pas les photos. Mais les personnes. Je me suis dit aussi que cela avait été possible pour deux raisons : d’abord je connaissais ou on m’avait parlé de ces personnes. Et leur histoire imprégnée dans ma tête allait ressortir sur le papier. La deuxième c’est que rien n’a été forcé.

Tiphanie sur le port de Marseille en janvier 2018.

Julie et Aurélie, New York, septembre 2013.